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Au chevet de Monsieur Roland
Le 4ème de couverture de l'éditeur :
![]() « Au
chevet de monsieur Roland »,comédie en 5 actes “Quand un bandit est sur son lit de mort dans une chambre d'hôpital, les visites ne sont pas tristes, de l'épouse éplorée au curé plus ou moins catholique sans parler d'un associé douteux. Quant à l'infirmière, elle fait de son mieux pour éviter le pire. Dans cette pièce l'humour est très noir. On s'interroge sur le destin tragique de Roland,bandit notoire, promis à une mort imminente. Survivra-t-il ou mourra-t-il ? Voici une comédie bien funeste, genre inédit, qui hélas peut prêter à rire” :"Dans cette pièce loufoque je parle beaucoup de Dieu, de la
mort, de religion,catholique ou boudhiste c'est une comedie
humoristique et métaphysique, pas si lègère que cela. "
Roland de Rubencourt , bandit 52 ans Clémence, son épouse , 50 ans Annabelle, sa fille,22 ans René, l'associé et employé de Roland 48 ans Gérard de Rubencourt , frère de Roland 49 ans Geneviève, l'infirmière 35 ans
ACTE I
Scène I
Dans une chambre d'hôpital, Roland est allongé dans son lit et parle avec René son employé.
RENE (compatissant) - Non, monsieur Roland, vous n'allez pas mourir, c'est beaucoup trop tôt. ROLAND - Je suis quand même inquiet René. Je suis encore jeune, 52 ans ! RENE - Je le pense aussi. ROLAND - Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ? RENE - Oh ! je vous en prie, taisez-vous, ne parlez pas de Lui, vous n'y avez jamais cru ROLAND - Je n'avais pas le temps! RENE -Eh maintenant sur votre lit de mort, pardon sur votre lit d'hôpital , vous commencez à penser à Dieu ? ROLAND - On ne sait jamais. Cela peut toujours servir RENE - Servir à quoi ? ROLAND - Qui sait ? S'Il existait. Il
vaut mieux avoir les papiers en règle avant de mourir, pour passer
la frontière si je puis dire.. ROLAND - Pardon ? RENE - Vous n'avez pas eu une vie
irréprochable. RENE - Pourquoi les grands mots? Pourquoi irai-je en enfer ? ...Il paraît que Dieu pardonne tout le temps. Il suffit de demander... ... Moi je ne vais pas encore mourir. J'ai le temps d'y penser. ROLAND - Vous m'abandonnez, vous êtes un ingrat RENE - Voilà plus de 20 ans que je
vous sers et pour les sales besognes. RENE-_ Si justement ! ROLAND- Avouez que vous y avez pris du
plaisir! Toute cette adrénaline et surtout, tout cet argent que cela
vous a rapporté. Vous en avez profité, non ? Avouez, avouez ! ROLAND - Moi non plus ! RENE- Mais c'est tout comme ! Vous avez fait faire le travail par un autre ! ROLAND - Un boss doit pouvoir déléguer, il ne peut pas tout faire. C'est comme Dieu, il délègue, ce n'est pas Lui qui construit les maisons et les banques, les billets de banque et les casinos RENE- Moi, je ne crois pas en Dieu ROLAND - Moi à moitié mais je m'inquiète. Vous ferez venir un prêtre, un curé. Vous irez vous renseigner à l'accueil de l'hôpital. RENE - Sauf votre respect, votre demande me fait rigoler, un mécréant comme vous ROLAND (soudain menaçant) - Ne vous moquez pas René. Sinon, je peux vous faire liquider ! ça vous dirait de trépasser avant moi RENE - Non sans façon ! Vous d'abord, je vous en prie, je suis poli. Vous êtes prioritaire ROLAND - Vous vous moquez de moi, oui ! RENE: Non on ne doit pas se moquer d'une personne à l'article de la mort. Je ne me permettrai pas. J'irai chercher votre curé. Si je me souviens bien, quand j'étais gosse, le curé donne l'extrême onction aux mourants, c'est gratuit et ça lave tous les péchés. Après, vous partez tranquille . ROLAND- Partir où ? RENE- Au paradis, au pire au Purgatoire, vous en tout cas au Purgatoire pour longtemps, vu tout ce que vous avez fait ROLAND – Mais je n'ai rien fait de mal. RENE – Voler de l'argent, tuer des enquiquineurs ROLAND - J'appelle cela rendre la Justice divine RENE - De mieux en mieux ! ...Je rêve ROLAND - Voler des voleurs comme ces banquiers qui s'engraissent sur le dos des pauvres gens, éliminer deux ou trois mal avisés qui vous empêchent de faire ce travail de justice, j'appelle cela rééquilibrer les comptes, équilibrer la balance RENE – Vous êtes assez convaincant. Je ne voyais pas les choses sous cet angle là ROLAND – On apprend tous les jours RENE Vous n'allez plus hélas apprendre grand chose. Vos jours ont comptés ROLAND – J'ai une chance de guérir m'a dit le médecin RENE – Le médecin ou l'infirmière ?, ROLAND – Les deux ! RENE- Et vous croyez ces deux menteurs ? Ils racontent cela à tous leurs patients ! ROLAND- Je ne vous crois pas. RENE- Réfléchissez. Tous les jours des gens meurent à l'hôpital. Tenez, un jour je vais à l'hôpital voir une amie, j'entre dans sa chambre où j'étais déjà venu, je trouve le lit vide. Ça fait un choc, croyez-moi ROLAND- C'est horrible ce que vous racontez. Vous êtes un vrai sadique RENE – Peut-être mais je tiens cela de vous ! Vous vous souvenez du petit Marcel de la bande à Ygor le Borgne, comme vous l'avez tabassé pour lui faire avouer où il cachait le pognon ROLAND - Ce jeune idiot, il n'avait qu'à avouer tout de suite, il aurait gardé tous les doigts de la main, on n'aurait pas sali le parquet. RENE – Je me souviens, c'est moi qui
ai fait le nettoyage et je ne suis pas une femme de ménage, c'était
indigne. Je suis traumatisé à vie. RENE- Non, pour avoir passé la serpillère.. toute rouge qu'elle était, dégoûtant, répugnant. J e n'ai pas la vocation à passer le chiffon, à passer l'aspirateur, à récurer , à nettoyer les latrines. Je ne suis pas un technicien de surface. ROLAND - Vous me fatiguez et je suis fatigué RENE - Voulez-vous que j'appelle une charmante infirmière ! ROLAND - Si c'était possible, oui. Sa conversation serait plus agréable … RENE - Permettez-moi d'en douter « Monsieur Roland, vous allez-bien ? Monsieur Roland, on va prendre la température ? Monsieur Roland, retournez-vous et montrez moi vos fesses, juste pour une petite piqûre? Je vous assure, c'est indolore, vous ne sentirez rien ?...Monsieur Roland, prenez ce petit cachet rose, non, le bleu, c'était ce matin à 6 heures » ROLAND- Sortez d'ici, René. Vous profitez que je sois en situation de faiblesse. Si je ressuscite, je vous promets l'enfer ! RENE- Non, monsieur, ne pensez pas à vous venger, ce n'est pas digne d'un chrétien et vous risqueriez en effet l'enfer, je ne disais que la vérité. L'enfer, monsieur, c'est quand vous ne serez plus là. Que vais-je devenir ? Y avez-vous songé ? ROLAND – Mon sort me préoccupe plus que le vôtre RENE - Je reconnais là votre égoïsme - encore un de vos péchés- mais je vais m'enquérir d'un homme de Dieu pour remédier à cela... par charité. Moi, je ne vous promets pas l'enfer mais l'extrême onction. ROLAND- Sortez!
René sort. Roland reste seul
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